Calès

Grotte-cales

Au débouché de la route de Panisse Passis le visiteur venu de Salon découvre, lovés au pied de la colline, le château, l’église et dans leur continuité le village de Lamanon. Ils paraissent posés là, comme nés de la matrice protectrice des massifs du défens et de Calès qui les dominent majestueusement.

Dès la place de l’église, le charme opère. Il se renforce en gravissant les premiers mètres de la calade et devient envoutement quand au détour de cet antique chemin on découvre l’enceinte sud et le cirque de Calès, grandiose amphithéâtre naturel percé de 58 grottes troglodytiques dominées par les vestiges du château médiéval et la statue de la vierge à l’enfant bénie le 21/10/1866. Tout ici suggère la vie intense qui animait dès le 12ème siècle une communauté villageoise qui compta à la fin du siècle suivant jusqu’ à 45 familles (150 à 200 âmes). En contrebas, au pied de l’enceinte nord et du cirque St Jean, les habitants de Calès se recueillaient dans l’ église St Marcellin , devenue St Denis au 16ème siècle et buvaient à la source du même nom. La colline de Calès abrite 58 autres grottes autrefois habitées, répertoriées à l’extérieur du cirque dans le périmètre du « petit calais ». L’ensemble du site troglodytique constitue un lieu exceptionnel, unique en France et rare en Europe.

Bien avant cette époque moyenâgeuse, à « mar vieio », sur le plateau St jean ou dans les grottes « des bœufs » et « des voleurs » les hommes, au néolithique, occupaient des abris sous roche. Plus tard les tribus celto-ligures, établies sur les oppidum, leur ont succédé, avant que la Pax Romana ne permette la création, dans la plaine alentour, des villae gallo-romaines. Une plaine qui verra, à partir du 16ème siècle les habitants de Calès rejoindre les bastides et métairies des seigneurs qui se partageaient le territoire. Puis le village actuel, crée en 1745 par César de Marck de Tripoli de Panisse Passis, attirera une nouvelle population.

La visite conduira ensuite le promeneur gravissant le chemin d’accès à la vigie devant les vestiges des chapelles Sainte Marie et Saint Jean datées des 12ème et 11ème siècle. Séparant ces édifices, une zone centrale montre les structures d’une cabane de l’âge du fer. Lors du dégagement du site sont apparus de nombreux éléments d’architecture gallo-romaine attestant la présence dans cette zone d’un monument corinthien daté du premier siècle avant JC.

Parvenu sur le plateau, le visiteur découvrira les traces d’un oppidum protohistorique côtoyant celles beaucoup plus récentes d’un relais du télégraphe de Chappe. Avant de redescendre vers le village de Lamanon, une halte devant la belle table d’orientation permettra de mesurer l’intérêt stratégique du site de Calès et de comprendre pourquoi les hommes s’y sont très tôt installés.